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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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du général Rapp.

ne voulais pas quitter Napoléon: nous mon-tâmes a cheval. Nous arrivâmes vers le soir ala vue du champ de bataille : on se battait en-core; mais bientôt le feu cessa. Le prince Eu-gène avait enlevé une position qui eût dûêtre défendue a outrance: nos troupes s’étaientcouvertes de gloire. C’est une journée que l’ar-mée d’Italie doit inscrire dans, ses fastes. Napo-léon bivouaqua a une demi-lieue delà: le len-demain nous montâmes a cheval a sept heureset demie pour visiter le terrain oû l’on avaitcombattu; l’empereur était placé entre le ducde Vicence, le prince de Neuchâtel et moi.Nous avions a peine quitté les chaumières oûnous avions passé la nuit, que nous aperçûmesune nuée de Cosaques ; ils sortaient d’un boisen avant sur la droite; ils étaient assez bienpelotonnés ; nous les primes pour de la cavale-rie française.

Le duc de Vicence fut le premier qui lesreconnut. ,,Sire, ce sont les Cosaques. — Cela,,n’est pas possible,“ répondit Napoléon. Ilsfondaient sur nous en criant a tue-tête. Je sai-sis son cheval par la bride; je le tournai moi-même. ,,Mais ce sont les nôtres? — Ce sont les„Cosaques; hâtez-vous. —■ Ce sont bien eux,,,dit Berthier. — Sans aucun doute, ajouta„Mouton .“ Napoléon donna quelques ordreset s’éloigna : je m’avançai â la tête de l’escadronde service; nous fumes culbutés: mon chevalreçut un coup de lance de six pouces de profon-deur; il se renversa sur moi: nous fûmes foulésaux pieds par ces barbares. Ils aperçurent heur-eusement a quelque distance un parc d’artil-lerie; ils y coururent: le maréchal Bessières