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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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du général Jla/t/j.

La retraite était interceptée: nous nous je-tâmes â droite sur Veréia;' nous y arrivâmes lelendemain de bonne heure, nous y couchâmes:c’est dans cette ville que Napoléon apprit quele Kremlin était sauté. Le général Winzinge-rode n’avait pas assez contenu son impatience ;'il s’était aventuré dans cette capitale avant quenos troupes l’eussent évacuée: elles le coupè-rent; il essaya de leur faire croire qu’il venaitparlementer ; il était né sur le territoire de laconfédération, il ne se souciait pas d’être faitprisonnier: il le fut cependant, en dépit dumouchoir blanc qu’il agitait. Napoléon le fitvenir, et s’emporta avec violence ; il le traitaavec mépris, le flétrit du nom de traître, et lemenaça de lui en faire infliger le supplice; ilme dit même qu’il fallait faire nommer unecommission pour instruire le procès de monsieursur-le-champ: il le lit emmener par des gen-darmes d’élite, et donna ordre de le mettre ausecret. Wiimngerode chercha plusieurs foisâ se disculper; mais Napoléon ne voulut pasl’entendre. On a prétendu dans l’armée russeque Ge général avait parlé avec courage, et ditdes choses très fortes a l’empereur: cela n’estpas; l’anxiété était peinte sur sa figure: touten lui exprimait le désordre d’esprit où l’avaitjeté la colère de Napoléon. Chacun de nouss'efforça de calmer ce prince; le roi de Naples,le duc deYicence surtout, lui firent sentir com-bien , dans la situation des choses , la violenceenvers un homme qui cachait son origine sousla qualité de général russe serait fâcheuse: iln’y eut pas de conseil de guerre , et l'affaire enresta la. Quant a nous, Winzingerode ne dut