du général Rapp.
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CHAPITRE XXXIIL
Nous partîmes le lendemain, et nous ga-gnâmes la grande route de Moskou parlVIojaïsk.
Le froid, les privations étaient extrêmes;l’heure des désastres était sonnée. Nous retrou-vâmes nos blessés morts sur la route, et lesRusses qui nous attendaient a Viasma. A la vuedes ces colonnes, le soldat recueillit un rested’énergie, fondit sur elles, et les défit. Maisnous étions harcelés par des troupes qu’exci-taient l’abondance et l’espoir du pillage ; achaque pas nous étions obligés de prendreposition, de combattre; nous ralentissions notremarche sur un sol dévasté qu’il eût fallu fran-chir a tire-d’aile. La température, la faim, lesCosaques, tout ce qu’il y a de fléaux étaitdéchaîné sur nous. L’armée s’affaissait sous lepoids de ses maux ; sa route était dessinée parles cadavres ; ce qu’elle souffrait passe l’imagi-nation. Combien j’ai rencontré, dans cetteterrible retraite, de généraux malades ou bles-sés, que je croyais ne jamais revoir! De cenombre était le général Priant, dont les bles-sures étaient encore ouvertes ; le général Duros-nei, qui fit le trajet avec une lièvre nerveuse,presque constamment dans le délire; et lebrave général Belliard, atteint d’un coup defeu a la bataille de la Moskowa. Il avait autre-fois pénétré jusqu’en Ethiopie ; il avait porténos couleurs plus loin que n’avait jamais été