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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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Mémoires

l’aigle romaine : il devait trouver de la différen-ce entre les deux climats.

Nous marchâmes sur Smolensk ; elle devait jêtre le terme de nos misères; nous devions y \trouver des subsistances et des vêtements, de !quoi nous garantir des fléaux qui nous dévorai- jent: nous n’en étions plus qu’a dix-huit lieues.Napoléon logea dans un de ces blockhouse qu’onavait construits pour recevoir des postes decinquante â soixante hommes, chargés de pro- !téger la correspondance et les communications.J’étais de service: il y avait déjà quelque tempsqu’il n’était pas venu d’estafettes; il en arrivaune, je la remis a l’empereur. Il ouvrit le jpaquet avec précipitation; un moniteur lui !tomba sous la main, il le parcourut: le pre- ^mier article qui se présenta a ses yeux futl’entreprise de Mallet; il n’avait pas lu Ses dépê-ches, il ne savait ce que c’était. ,,Ou’est-ce,,que cela! quoi! des complots! des conspira-tions !“ Il ouvrit ses lettres ; elles contenaientle détail de la tentative : il fut stupéfait. Cettepolice qui sait tout, qui devine tout, s’étaitlaissé prendre au dépourvu; il n’en pouvaitpas revenir. „Savary a la Force ! le ministre de,.la police arrêté, conduit, enfermé dans une,,prison !“ J’allais transmettre quelques ordres.L’aventure avait déjà transpiré; la surprise,l’étonnement, étaient peints sur toutes lesfigures; on faisait des rapprochements qui jus-que-la avaient échappé.

L’imprévoyance des suppôts de la police .était manifeste; ils ne sont alertes que parcequ’on croit a leur vigilance. Napoléon ne s’éton-nait pas que ces misérables qui peuplent les