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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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Mémoires

faire? Chacun pliait sous le faix de la vie; onse soutenait a peine ; personne n’avait assezde forces pour les partager. Les Russes noussuivirent: ils voulaient passer de vive force.Ne y les reçut avec cette vigueur, cette impétuo-sité qu’il mettait dans ses attaques; ils furentrepoussés , et le pont devint la proie des flam-mes, Le feu cessa; nous nous retirâmes pen-dant la nuit. Je rejoignis le surlendemain soirNapoléon a Smolensk . Il savait qu’une ballem’avait effleuré la tête, qu’une autre avaitabattu mon cheval; il me dit: ,,Tu peux être,,tranquille maintenant; tu ne seras pas tué„cette campagne. — Je désire que votre majesté 1,,ne se trompe pas ; mais vous avez souvent !,,donné la même assurance au pauvre Lannes, ,„qui a pourtant liai par y passer. — Non, non, j,,tu ne seras pas tué. — je le crois, mais je,,pourrais bien être gelé.“ L’empereur se répan-dit alors en éloges sur le maréchal Ney. ,,Ouel„homme!... quel soldat!... quel vigoureux gail-lard !...“ Il ne parlait que par exclamations;il ne trouvait pas de mot pour rendre l’admira-tion que lui inspirait cet intrépide maréchal.

Le prince de Neuchâtel entra ; il fut de nouveauquestion de Mallet et de Savary. Napoléons’égayait aux dépens du duc; sa surprise, son jarrestation, étaient le sujet de mille plaisante- |ries, dont le refrain était toujours qu’il aurait jdû se faire tuer plutôt que de se laisser prendre.

CHA-