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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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clu général liapp.

salons et les tavernes, qui obsti'uent tout, quis’insinuent partout, n’eussent pas pénétré latraîne ; mais il ne concevait pas la faiblesse deRovigo . ,,Comment ne s’est-il pas fait tuer,,plutôt que de se laisser arrêter! Doucet, et,,Hullin ont montré bien plus de courage.“

ISous nous reiniines en route ; nous]lassâmesle Borystliène. 1 /empereur établit son quartier-général dans un château dévasté, h une douzainede lieues en avant de Smolensk , et a une etdemie derrière le fleuve. Les rives en sont fortescarpées dans cet endroit; elles étaient couver-tes de verglas. Napoléon craignait que l’artil-lerie ne pût les franchir; il me chargea dejoindre Ney, qui commandait l’arrière-garde,et de rester avec lui jusqu’a ce que tout fût ensûreté. Je trouvai le maréchal occupé a donnerla chasse aux Cosaques; je lui communiquai lesordres\que j’avais a lui transmettre, et nous nousretirâmes a un blockhouse qui devait assurerle passage , et où. le quartier-général fut établi.

Une partie de l’infanterie passa; l’autre bi-vouaqua dans un petit bois, sur la rive où.nous étions. Nous fûmes occupés toute la nuita faire passer les pièces; la dernière montaitla rampe quand l’ennemi parut. Il attaqua sur-le-champ avec des masses considérables ; nousreçûmes ses charges sans nous ébranler: maisnotre but était atteint; le combat n’avait plusd’objet; nous nous éloignâmes. Nous abandon-nions quelques centaines d’hommes que l’inani-tion et les blessures avaient mis hors d’état desuivre. Les malheureux ! iis se plaignaient, gé-missaient, demandaient la mort; c’était unspectacle déchirant: mais que pouvions-nous