Buch 
Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
Seite
196
JPEG-Download
 

196

Mémoires

heureuses étonnait, expédia l’ordre de repren-dre l’offensive et d’enlever Polotsk : le succès luiparaissait facile. ,,Pour peu que le duc de Bel-,,lune y mette de l’élan, l’entreprise est imman-quable ; la qualité des troupes qu’il commande,,la garantit. C’est JNey qui m’inquiète; que,,va-t-il devenir? 41 Ce maréchal était en effetdans une position sans exemple ; il fallait toutela valeur, le sang-froid et la persévérance decet intrépide guerrier pour en sortir; il avaitreçu dans la nuit du 16 au 17 la nouvelle ducombat d’Eugène et du départ de Davoust: cedouble événement ne put l’ébranler. ,,Tous„les Cosaques de la Russie , dit-il en l’appre-„nant, ne m’empêcheraient pas d’exécuter nies,,instructions; je ne romprai pas d’une semelle,,quelles ne soient remplies.“ Il acheva sesdispositions et se mit en marche: six millehommes d’infanterie, trois cents chevaux etdouze pièces de canon composaient toutes sesforces ; il était harcelé par les troupes légèresde l’ennemi qui voltigeaient sur ses flancs; ilmarchait serré, prêt a recevoir tout ce qui seprésenterait. A trois heures, son avantgardeatteignit Katowa, et fit halte a la vue du corpsde Milloradowitz. Le temps était brumeux;on n’apercevait de part ni d’autre quelles for-ces on avait en tête : Ney franchit un ravin quile séparait des troupes ennemies, enfonce lapremière ligne, culbute la seconde, et eûtrenversé l’armée entière si les ravages de l’artil-lerie ne l’eussent arrêté. Il fut contraint desonner la retraite; mais son attaque avait étési impétueuse qu’on n’osa le suivre. Il allumades feux de bivouac , comme s’il eût eu dessein