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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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Mémoires

CHAPITRE XXXVIII. i

Les Russes devaient être satisfaits. Il n’étaitpas probable qu'ils revinssent de sitôta la charge.Cependant la journée du 5 m'avait convaincu jde la nécessité de diverses mesures que je répu- jgnais a prendre. Ils n’avaient pénétré jusqu’auxpieds de Eichofsberg, où le colonel Figuier (exerçait une surveillance sévère, qu’a la faveurd’un ancien couvent de capucins: ce voisinageétait trop dangereux, je lis abattre le vieil !édifice. On retrancha aussi quelques maisonsdans différents villages, et surtout a Schottland .Nous ne l’avions repris qu’avec beaucoup de |peine; la résistance avait même été si opiniâtre iqu’il fut un instant question de l’incendier. Jerejetai ce moyen cruel ; je ne pus pas me résou- Idre a ruiner des habitants qui avaient déjà tant jsouffert pendant le premier siège. Je trouvai 1

1 )lus honorable de chasser les Russes a coup de ■jaïonnettes, et j’y réussis; mais je ne voulais |pas courir de nouveau cette chance périlleuse.

Cependantl’épidéinie étaitloin dese calmer.Elle semblait au contraire prendre chaque jourde nouvelles forces. Six mille hommes avaientdéjà péri, dix-huit mille gisaient sans vie dansles hôpitaux. Le général Franceschi, que lamort avait épargné sur tant de champs de ba-taille, venait de succomber. Chaque heure,chaque minute augmentait nos pertes, nousemportait nos plus vaillants soldats. Une nour-riture substantielle les eût sauvés; mais nos