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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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du général Rapp.

provisions touchaient a leur terme. Nousn’avions plus, pour ainsi dire, ni viande nibestiaux ; la paille même nous manquait pourcoucher nos malades. Je résolus de chercherquelque remède aux maux qu’enduraient tantde braves. La tentative était périlleuse, maisils méritaient bien qu’on s’exposât a quelquesdangers pour les secourir.

Depuis long-temps je projetais une expédi-tion sur Quadendorf, où. l’on supposait d’abon-dantes ressources. Je l’avais différée jusque-la,parce que les troupes dont je disposais meparaissaient insuffisantes; mais la nécessitéparlait plus haut que toutes ces considérations :je n’hésitai plus. Le général Devilliers cou-ronna les hauteurs de Wonneberg et de Pitx-kendorf, la droite appuyée a Zigangenberg,et la gauche soutenue par la brigade du géné-ral Husson. Il ouvrit sans délai un feu rou-lant d’artillerie et de mousqueterie. Pendantque l’ennemi ripostait de son mieux a cettevaine fusillade, le général Heudelet débou-chait par la vallée de Malzklau et enlevait leposte chargé de la défendre. Le général Ba-chelu marchait en tête. Douxe cents hommes,six pièces de canon conduites par le généralGault, s’avançaient en seconde ligne et for-maient la réserve. Cinq cents Russes voulu-rent nous interdire l’entrée de Borgfeld. Ilsfurent foulés aux pieds. Ce qui échappa a labaïonnette alla périr sous le tranchant dusabre: tous reçurent la mort. L’ennemi accou-rut avec les masses et ne fut pas plus heureux.Accablé, rompu avant d’être en défense , il netrouva de salut que dans la fuite. Ses pièces