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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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du général Rapp.

Cet événement ne pouvait être caché aux sohdats; les Russes avaient trop intérêt de les eninstruire. Aussi ne mis-je aucun obstacle a cequ’il fut divulgué. Aussitôt les séductions re-commencèrent. On croyait le moral de nostroupes ébranlé. La disproportion des moyensd’attaque et de défense, l’argent, les promes-ses, tout était mis en oeuvre pour les engagera la désertion. On offrait uhe prime a la honte;je pouvais bien en proposer une a la fidélité.J’annonçai deux cents francs de gratificationpour quiconque livrerait un homme convaincud’embauchage. Cette mesure eut son efFet. Laplupart des émissaires que les assiégeants avaientdans la place me furent signalés. D’après noslois ils avaient encouru la peine de mort, maisles hommes sont en général moins méchantsque malheureux. Presque tous étaient des pè-res de famille qui avaient cédé a la nécessité.Je les livrai a la risée de nos soldats, je leurfis raser la tête, et les renvoyai. Cette mesureles retint che^ eux; j’en fus délivré sans recou-rir aux exécutions.

La garnison paraissait peu inquiète du sur-croit d’ennemis qu’on lui annonçait. Cepen-dant j’étais bien aise qu’elle jugeât par elle-même de quoi elle était encore capable. Noustouchions aux fêtes de Pâques . .La tempéra-ture était douce, le ciel sans nuages. J’indi-quai une revue; elle eut lieu a la face de l’ar-mée de siège. Dès la pointe du jour les habi-tants, les malades même couvraient les hau-teurs de Langfuhr ; ils se répandent sur les gla-Cls , les avenues, et couronnent tous les re-vers de la plaine qui sépare Stries d’Oliwa.