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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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270 Mémoires

flammes quelques pans d’édifices, et la placetouche a sa ruine!...

L’ennemi n’avait cessé le feu que pour lerendre plus terrible. Dès que ses dispositionssont faites, il l’ouvre avec violence. Les batte-ries de l’Étoile, celles du Johannisberg, de Ka- !bran, de Scliellmulle, de Langfuhr, tirent acoups redoublés et nous accablent de bombes,de fusées et de boulets rouges. Les incendieséclatent; les édifices tombent; s’écroulent.Dantxic ne présente plus que l’image d’un vol-can dont les éruptions s’échappent, s’éteignent,se reproduisent sur tous les points. Les deuxrives de laMoltlau, le Butter-Mark, le Prog-genfull, le Speiclier-Insel, tout est consumé.

Lu vain les troupes accourent au secours; unegrêle continue de projectiles triomphe de leursefforts, et une perte de plusieurs millions vientaggraver encore les malheurs d’une populationdésolée.

JNos forts, nos villages n’étaient pas dans jun meilleur état; Ohra surtout n’était plusqu’un amas de cendres. Cinq batteries lefoudroyaient sans relâche; des nuées de tirail-leurs , abrités par les accidents du terrain,nous accablaient de balles , et entravaient le jjeu de nos pièces. La première coupure, près- jque anéantie par le feu et les boulets , résis-tais toujours. Le major Schneider la défen-dait avec une valeur, une sagacité qui pro-mettaient encore une longue résistance ; maiselle était sur le point d'être prise par la tran-chée; je la fis évacuer. Je cédai égalementla tête de Schidliti?. L’ennemi avait essajequelques jours auparavant de sien rendre maître.