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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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du général Happ.

Trois compagnies s’étaient présentées devantnos postes; chargées avec vigueur par le capi-taine Leclerc et le lieutenant Kowalzky, ellesfurent mises en déroute, et cherchèrent leursalut dans la fuite. Cette leçon ne fut pasperdue; les alliés revinrent avec des forcesplus considérables, et s’y établirent. Un acci-dent plus grave nous survint bientôt après.Une bombe éclata dans un magasin de bois etl’incendia. La poudre n’est pas plus prompte :en un instant tout est embrasé. Les flammes,développées par un vent impétueux , se com-muniquent de proche en proche, et présen-tent une masse de feu qu’aucun effort ne peutdompter. Triste spectateur d’un désastre aussicruel, j’espérais au moins préserver les bàti-timents éloignés. Mon attente fut encore dé-çue, et nous eûmes la douleur de voir consu-mer sous nos yeux la plus grande partie denos subsistances. Officiers et soldats, tousétaient plongés dans un morne silence, touscontemplaient avec stupeur cette scène de dé-solation , quand tout a coup une fusillade ter-rible se fait entendre. L’ennemi attaquaitl’avancée Frioul et s’en emparait. Le capi-taine Chambure vole au secours. Ce brave com-mandait une troupe d’élite appelée la compag-nie franche ou les enfants perdus ; il s’élancedans la redoute et taille les llusses en pièces.Aucun n’échappe; ceux qui évitent la baïon-nette tombent sous le feu des chefs de batail-lon Clamon et Dybowski. Le lieutenant Con-rad fit preuve, dans cette occasion, d’une rareconstance. I/épaule fracassée par une balle,d se jette au plus épais de la mêlée. Chain-