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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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Mémoires

CHAPITRE XLIV.

Tout ce xèle cependant ne remplissait pasmes cadres ; le temps courait et les recrues n’arri-vaient pas. Les alliés se concentraient sur larive gauche, ils pouvaient franchir le fleuved’un instant a l’autre; ma position devenaitcritique. Je fis passer mes états de situation al’empereur. 11 ne put cacher sa surprise. „Si,,peu de monde !... L’Alsace, dont le patriotisme,,est si ardent!... IN’importe... la victoire enfan-,,tera les bataillons. Tout n’est pas désespéré/,,la guerre a ses chances ; nous en sortirons.“Il m’avait ordonné quatre jours auparavant dene pas laisser un seul homme de troupes deligne .dans les places fortes, d’extraire desdépôts tout ce qui était en état de servir,d’inonder, de mettre en état les lignes de Weis-sembourg, et d’assurer avec soin mes commu-nications avec Bitche . J’étais occupé de cesmesures; mais il ne trouvait pas que j’allasseassex vite, il m’écrivit:

„Monsieur le général Rapp,

,,J’ai reçu votre lettre du 12 mai. Je vois,,,par l’état que vous y avex joint, que le 18 e de,,ligne, qui a deux bataillons a votre armée,,.forts de douxe cents hommes, peut vous four-,,nir un troisième bataillon de six cents horn-„mes; faites-le partir sur-le-champ de Stras-bourg pour venir vous rejoindre. Le 32 e ne