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CHAPITRE XLV.
J’allai occuper les lignes de la Lauter . Vingt-trois ans auparavant nous les avions défendues ;mais alors elles étaient en bon état, la rivegauche du fleuve était gardée ; nous avions qua-tre-vingt mille combattants, un corps de ré-serve, et l'armée du Haut-Rhin nous soutenait.Rien de tout cela n’existait plus. Les lignesn’offraient que des ruines : les digues et lesécluses qui en faissaient la principale forceétaient presque entièrement détruites, et lesplaces qui les appuyaient n’étaient ni arméesni même à l’abri d’un coup de main. Nouscomptions a peine quinze mille hommes d’in-fanterie répartis en trois divisions, aux ordresdes généraux Rottembourg, Albert et Grand-jean. Deux mille chevaux commandés par lecomte Merlin composaient toute notre cavale-rie. De Weissenbourg jusqu’à Huningue d’unepart, et jusqu’à la Belgique de l’autre, la fron-tière était complètement dégarnie. Dans cetétat de choses, Germersheim devenait une po-sition importante ; défendue par une garnisonconsidérable et vingt - quatre bouches à feu,elle ne pouvait être emportée que de vive force.Je ne désespérai pas du succès , et je fis, dèsque la nouvelle des hostilités me fut parvenue,une reconnaissance générale, dans laquelle jem’emparai d’Hann , d’Anweiller, et de tousles villages de la Queich . Le chef d’escadron