296
Mémoires
Tui'ckheim enleva au galop celui de Gottensteinet les postes bavarois qui l’occupaient.
Le 21 au milieu de la nuit, toutes les dispo- 1sitions étaient faites, et déjà les colonnes d’at-taque se mettaient en marche, lorsqu’on an-nonça le désastre de Waterloo . Elles furentaussitôt rappelées. Je sentais bien que l’en- inemi ne tarderait pas a franchir le fleuve; jeme hâtai de prendre les mesures administrati-ves que les circonstances exigeaient, et de met-tre en état de défense les places qui étaientsous mon commandement. Je jetai un batail-lon de ligne dans Landau, où je fis entrer lescaisses du pays. Mais déjà, comme je l’avaisprévu, les troupes de la coalition avaient passéle Rhin a Oppenheim et a Germersheim , et s’é-taient partout répandues ; nos soldats furent *obligés d’en venir aux mains pour arriver à.leur destination. Nous nous retirâmes derrièrela Lauter ; et le bruit de l’invasion du Haut-Rhin par la grande armée sous la conduite deSchwartzenberg m’étant parvenu au même in-stant, je fis partir en poste deux bataillons pourrenforcer les garnisons de Neuf-Brisach et deSchelestadt .
Les Russes , les Autrichiens, les Bavarois,les Wurtembergeois, les Badois, et une fouled’autres nations, réunis aumombre de plus desoixante mille hommes, sous les ordres duprince royal aujourd’hui roi de Wurtemberg,débordèrent aussitôt le faible corps que j’avaissous mes ordres.
J’avais d’abord eu le dessein de défendrel’Alsace pied â pied, en me repliant vers lesVosges, la Meurthe, la Moselle et la Marne :