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Mémoires
d’une action qui a plongé une foule de famil-les dans la misère.
Soit que la vigueur avec laquelle nous avionsrepoussé toutes ses attaques l’eût dégoûté d’enfaire de nouvelles , soit tout autre motif, ilresta quelques jours sans rien entreprendre.Je profitai de ce repos pour approvisionnerStrasbourg et me fortifier dans mes positions.J’eus le temps aussi de donner a tous les com-mandants de place qui étaient sous mes ordresles instructions les plus précises.
Cependant l’armée alliée augmentait sanscesse, de nouveaux corps venaient la grossirtous les jours: bientôt soixante-dix mille hom-mes se déployèrent devant nous, et vinrentnous presser de toutes parts. Les parlementai-res se succédaient l’un a l’autre, et sans avoiraucun but marqué. Je fis proposer au généralennemi une suspension d’armes, pendant la-quelle je pourrais envoyer un officier a Paris ,et recevoir des ordres du gouvernement. Leprince de Wurtemberg refusa, sans renoncernéanmoins au système de communication qu’ilavait adopté.
Ce fut a peu près a cette époque qu’il fitvenir devant lui le pasteur de Wendenheim,homme respectable et excellent patriote. „Con-„naissez-vous , lui dit-il, le général Rajip ? —,,Oui, monseigneur. — Vous chargeriez-vous,,d’une mission auprès de lui ? — Assurément,,,si elle n’avait rien de contraire aux intérêts,,de mon pays. -— Eh bien, allez lui dire que,,s’il veut me livrer Strasbourg pour le roi de,,France , il verra pleuvoir sur lui les biens et,,les honneurs. — Monseigneur, le général Rapp