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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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du général Rapp.

silence, peu ordinaire aux militaires français ,avait quelque chose de sinistre dont les habi-tants étaient épouvantés. Cependant les trou-pes s’étaient enfin calmées, mais elles ne com-muniquaient pas avec les bourgeois; elles re-fusaient même de répondre a leurs questions.Dans les rues, sur les places, on voyait se for-mer des groupes qui se dispersaient après s’êtrecommuniqué tout bas soit des ordres, soit desavis. La ville entière était plongée dans unesombre inquiétude : on se rappelait des épo-ques funestes, on craignait de les voir renaître;chacun tremblait pour ses biens, pour sa viemême. Jamais tableau plus effrayant que celuique présentait alors cette immense cité.

,,Le général en chef ayant appris que leshabitants avaient consenti a faire les fonds né-cessaires , et qu’ils donnaient a la frayeur cequ’ils avaient si long-temps refusé a ses prières,envoya son chef d’état-major auprès des auto-rités pour régler avec elles la répartition del’emprunt. Cet officier fut conduit a l’hôtel deville par un caporal et six hommes qui ne lequittèrent pas. Il y termina ses comptes , etrevint au palais sous la même escorte.

,,Cependant les généraux et les chefs decorps employaient tour a tour les menaces etles prières pour ramener les mutins a leur de-voir. Ces derniers, qui aimaient leurs supé-rieurs , et qui n’auraient osé leur manquer enface, usaient d’artifice pour échapper a l’as-cendant et aux représentations qu’il craignaient .Lorsqu’un officier se portait d’un côté , onavait soin de lui opposer en première ligne dessoldats d’une autre arme ; et pendant qu’il ha-