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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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Mémoires

ranguait ceux-ci, les autres vociféraient parderrière. Si, malgré cette tactique, il parve-nait a joindre un de ses subordonnés et luiadressait des reproches: »,,l|loi! mon officier,“répondait l’autre avec une douceur hypocrite,,,je ne fais rien , je ne dis pas un mot.“ Etil se perdait aussitôt dans la foule. Les trou-pes prirent bientôt une mesure générale pourse délivrer de ces sollicitations importunes, ettous ceux qui avaient un commandement im-portant furent consignés chez eux.

,,Cependant les alarmes des bourgeois netardèrent pas a se calmer, la retraite fut bat-tue long-temps avant la nuit ; et dès cet in-stant, les patrouilles se succédèrent sans in-terruption. Plusieurs ordres du jour furentlus a chaque poste. Ils recommandaient latranquillité, l’obéissance, et promettaient queles paiements seraient effectués dans les vingt-quatre heures. L’une de ces pièces était ainsiconçue: „Toutvahien, les habitants financent,,,et les paiements sont commencés. Signé,„GaRTJISOjSÎ.“

„La ville eut ordre d’illuminer, afin qu’ilfut plus facile d’exercer une surveillance sévère.

,,Les chefs secrets de l’insurrection n’avaientpas tardé a s’apercevoir qu’une sagesse désespé-rante présidait a tous les conseils, et que leurbut était manqué s’ils ne réussissaient a échauf-fer de nouveau les esprits, et a exciter quel-que émeute dans laquelle le sang pût couler.

„Ils firent donc, vers les cinq heures dusoir, arriver au galop sur la place d’armes unchasseur a cheval, annonçant qu’on venaitd’arrêter trois fourgons chargés d’or, appaf-