CHAPITRE XV.
Ui
tater son triomphe à Paris ; mais il sut le déguiserpar un adroit mensonge qui adoucit en quelquesorte les regrets des propriétaires des manufac-tures que les troupes légères russes avaient in-cendiées. « La même batterie qui a tué le général» Moreau devant Dresde , dit le rapport officiel,v a aussi blessé à mort le général Saint-Priest qui» amenait las Tartares dans sa belle patrie. »
L’Empereur entra dans Reims à une heure dumalin. La ville fut spontanément illuminée, et lepeuple dans l’ivresse de sa joie se précipita au-devant de lui, et le conduisit en triomphe àl’hôtel-de-ville.
Tandis que par une sanglante défaite, le corpsde Saint-Priest payait la fatale sécurité de songénéral, le feld-raaréchal Blucher déterminé àprendre quelque repos , étendait le même jourses cantonnemens sur l’Aisne ; le corps de Bu-low continuait sa marche sur Compïègne , lecomte Langeron était à Coucy-le-Chàteau , lebaron Sacken cherchait vainement à déloger ladivision Christian! des hauteurs de Croui, lecorps de Kleist s’avançait sur les bords de laLette , celui d’Yorck prenait possession de Cor-beny, et le général Winzingerode remplaçait legénéral Bulow à Laon , poussant sa cavalerie lé-gère sur l’Aisne . Celle d’Yorck envoyée en re-connaissance à Béry-au-Bac , eut un léger en-gagement avec un parti de dragons du général