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Tome premier.
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444 CAMPAGNE DE l8l4,

que (Je soldats. C’était un spectacle à'la fois pé-nible et bizarre que leur composition. On voyaità côté de quelques vieux soldats, dont l’air mar-tial perçait encore sous les lambeaux de la mi-sère, des conscrits enlevés avant l’àge, défigurésparles souffrances, la fatigue et le besoin, cher-chant à s’appuyer sur des armes trop pesantespour leurs débiles mains. Au délabrement de latenue des officiers, au désordre et au mauvaisétat de la cavalerie et des trains d’artillerie, aumélange confus de toutes les armes, on eut ditque c’était plutôt une cohue qu’une armée lut-taut avec gloire contre tant d’armées réunies.Napoléon lui-même, étonné des succès obte-nus avec cette poignée d’hommes , ne put sedissimuler qu’il usait ses dernières ressources;chaque victoire lui avait coûté une foule d’of-ficiers moissonnés en cherchant à animer deleur ardeur les recrues sans force et sans énergiequ’ils menaient au combat; et le moment appro-chait où les remplacemens deviendraient impos-sibles, car déjà les sous-officiers, cette classeprécieuse de sujets, manquaient totalement dansplusieurs corps. Décidé néanmoins à ne pointsouscrire aux conditions de paix que lui dictaientles Souverains alliés, il fallait songer à recruterl’armée, et pour y parvenir, iJ ( destinales 6millegardes nationales de l’Aisne , requis par un dé-cret du 5, à remplir les cadres appauvris du duc