CHAPITRE XVIII.
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époque, il était encore possible de sauver l’empireavec les débris de l'armée ; mais au lieu de se porterpar Château-Thierry et Arcis sur la droite du géné-ralissime, la prudence conseillait de manœuvrercontre sa gauche par Provins et Sens , pour de làs’approcher par Auxerre des sources de l’Yonne ,de l’Armançon et de la Seine . Ce mouvement eûtété d’autant plus facile, qu’exécuté dans la ligneintérieure de défense, il se trouvait hors d’atteintede l’ennemi. Par la même raison, il assurait lajonction des ducs de Trévise et de Raguse , lors-qu’obligés de plier devant le feld-maréchal Blu-clier, ils eussent été dans le cas de chercher unpoint d’appui. L’armée française, une fois dansce pays coupé et difficile, aurait soutenu avecavantage une guerre de chicane sur la gauchecle la ligne d’opérations de la grande armée ,sans cesser d’avoir l’œil dans le bassin du Rhôneet d’être maîtresse de celui de la Loire. Danscette hypothèse, si le prince de la Moskowaobtenant l’autorisation qu’il sollicitait, de for-mer un corps d’armée avec les garnisons dela frontière de Rhin et Moselle , eût agi avecson audace et son activité accoutumées, dansla ligne des places de la Moselle et de laSarre, sur la droite de la ligne d’opérations del’armée de Silésie ; ou qu’il eût simplement re-joint lEmpereur par la vallée de la Seine ; ouenfin qu’il se fût réuni près ou dans la Suisse au