CHAPITRE XXIII. 275
ce qui réduisit son effectif à moins de 4o millehommes et 3 mille chevaux.
Néanmoins comme si le sort des armes pouvaitencore être douteux, le cabinet de S.-James ajou-tait, aux moyens matériels dont disposait déjàlord Wellington contre son adversaire , ceuxde la politique. Tirant lout-à-coup le duc d’Àn-goulême de l’exil où il vivait dans l’oubli et lemalheur, il le débarqua sur les frontières deFrance , dans l’espoir de voir se grouper autour delui tous les royalistes et les mécontens des dé-partemens méridionaux. Jamais, depuis 20 ans,il ne s’était présenté d’occasion plus favorabled’y opérer un bouleversement. Ecrasée sous letriple fléau de la conscription, des réquisitions etde la stagnation du commerce, la population en-tière devait nécessairement accueillir un Princequi précédé de bannières triomphantes, annon-çait ne vouloir, à l’exemple d'Henri IV , sontrisaïeul, user de la victoire que pour rendre àla Nation le calme et le bonheur. La proclama-tion qu’il adressa aux Français en arrivant àSt.-Jean-de-Luz , colportée de ville en ville, re-leva les espérances des royalistes, qui dès-lorscommencèrent à former à Toulouse et à Bor-deaux des associations secrètes dont le but étaitde paralyser les mesures des agens de l’autorité,et d’augmenter la méfiance et le mécontente-ment dans toutes les classes.
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