636 CAMPAGNE DE l8lZf »
L’armée fut alors informée des grands événe-mensqui venaient de changer la face de la France .^ Les ordres du Gouvernementprovisoire luifurentsignifiés ; elle .étaitrappelée par la Patrie inondéed’étrangers ; accablée de tristesse, elle voila sesaigles-encore radieuses , en signe d’obéissauce.
Mais avant de sei mettre en marche pour ren-trer en France , elle fut témoin de l’agonie et desderniers soupirs du royaume d’Italie déchiré parquelques ambitieux, et ce ne fut que dans les pre-miers jours de mai qu’elle rentra en France surquatre colonnes. Aucun murmure ne lui échappadurant ce voyage; sensibleseulementau sort d’unpeuple qui avait partagé avec tant de dévouementsa mauvaise fortune, et prêle à le quitter pourjamais, elle jeta du sommet des Alpes un regarddouloureux sur cette terre dont l’indépendancen’avait pu être cimentée par les brillans faits d’ar-mes et par le sang d’une génération entière debraves.
3ns Par suite de la bataille qui avait décidé du sortiyon a mee de C ^ e Lyon , le corps du Rhône se trouvait, commenous l’avons dit au chapitre XXII, refoulé der-rière l’Isère , entre Valence et Montmeillan; lecomte Marchand qui formait la droite de cettenouvelle ligne, jugeant avec raison que le princePhilippe deHesse-Hombourgtouten poursuivantle duc de Casligiione, dirigerait des forces con-sidérables sur Grenoble , fit occuper en force lagrande Chartreuse et plaça le colonel Gubières