SUR LA RÉVOLUTION FRANÇOISE. io5françois pour accepter un tel dedommagement,quelque lionoi’able qu’il pût être. La France etl’Europe furent consternées de la retraite deM. Necker : ses vertus et ses faculte's méritoientcet hommage; mais il y avoit de plus, danscette impression universelle, la crainte confusede la crise politique dont on étoit menacé, et
leur a pardonné, et l’on s’est contenté de défendre à cetteoccasion, aux journalistes, de parler à l’avenir de M. Nec-ker, ni en Lien ni en mal.
» Si jamais ministre n’emporta dans sa retraite une gloireplus pure et pins intègre que M. Necker , jamais ministreaussi n’y reçut plus de témoignages de la bienveillance etde l’admiration publiques. Il y eut, les premiers jours, surle cliemin qui conduit à sa maison de campagne, à Saint-Ouen, à deux lieues de Paris , une procession de carrossespresque continuelle. Des hommes de toutes les classes et detoutes les conditions s’empressèrent à-lui porter l’hommagede leurs regrets et de leur sensibilité ; et dans ce nombre ona pu compter les personnes les plus respectables de la villeet de la cour, les prélats les plus distingués par leur nais-sance et par leur piété, M. l’arcbevêque de Paris à la tête ,les Biron, les Beauvau, les Richelieu , les Clioiscul, lesNoailles, les Luxembourg , enfin les noms les plus respec-tés de la France , sans oublier celui du successeur même deM. Necker, qui n’a pas cru pouvoir mieux rassurer les es-prits sur les principes de son administration, qu’en donnantlui-même les plus grands éloges à celle de M. Necker, et ense félicitant de n’avoir qu’à suivre une route qu’il trouvoitsi heureusement tracée. »