SUR LA RÉVOLUTION FRANÇOISE. 107premier devoir des ministres du roi étoit doncde demander au congrès de* Vienne l’éloigne-ment de Bonaparte . Comme Caton dans le sé-nat de Rome , lorsqu’il répétoit sans cesse : ilfaut détruire Carthage, les ministres de France dévoient mettre à pai’t tout autre intérêt, jus-qu’à ce que Napoléon ne fût plus en regard dela France et de l’Italie .
C’étoit sur la côte de Provence que les hom-mes zélés pour la cause royale pouvoient êtreutiles à leur pays, en le préservant de Bona-parte. Le simple bon sens des paysans suisses,je m’en souviens, les portoit à prédire, pen-dant la première année de la restauration, queBonaparte reviendrait. Chaque jour, dans la so-ciété , l’on essayoit d’en convaincre ceux quipouvoient se faire écouter à la cour; mais com-me l’étiquette, qui ne règne qu’en France , nepermet pas d’approcher le monarque, et quela gravité ministérielle, autre inconséquencepour les temps actuels, éloignoit des chefs del’état ceux qui auraient pu leur apprendre cequi se passoit, une imprévoyance sans exem-ple a perdu la patrie. Toutefois, quand Bona-parte ne serait pas débarqué à Cannes , le sys-tème suivi par les ministres, ainsi que nousavons tâché de le démontrer, avoit déjà com-