SUR LA RÉVOLUTION FRANÇOISE. 137vante ans, ne conhoissoient pas les Bourbons,et ils s’étaient battus depuis vingt années sousles ordres de Bonaparte ; pouvoient-ils tirersur leur général? Et, dès qu’ils ne tiroient passur lui, ne dévoient-ils pas être entraînés à lesuivre ? Les hommes vraiment coupables sontceux qui, après s’être approchés de LouisXVIIÏ,après en avoir obtenu des grâces, et lui avoirfait des promesses, ont pu se réunir à Bo-naparte ; le mot, l’horrible mot de trahisonest fait pour ceux-là ; mais il est cruellementinjuste de l’adresser à l’armée françoise. Lesgouvernemens qui ont mis Bonaparte dans lecas de revenir, doivent s’accuser de son re-tour . Car, de quel sentiment naturel se se-roit-on servi pour persuader à des soldats, qu'ilsdévoient tuer le général qui les avoit conduitsvingt fois à la victoire? le général que lesétrangers avoient destitué, qui s’étoit battucontre eux avec les François, il y avoit à peine,une année ? Toutes les réflexions qui nous fai-soient haïr cet homme et chérir le roi, n’é-toient à la portée ni des soldats, ni des offi-ciers du second ordre. Ils avoient été fidèlesquinze ans à l’empereur, cet empereur s’avan-çoit vers eux sans défense ; il les appeloit parleur nom ; il leur parloit des batailles qu’ils
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