i38 CONSIDÉRATIONS
avoient gagnées avec lui ; comment pouvoient-ils résister? Dans quelques années le nom duroi, les bienfaits de la liberté, dévoient cap-tiver tous les esprits, et les soldats auroientappris de leurs parens à respecter le bonheurpublic. Mais il y avoit à peine dix mois queBonaparte étoit éloigné, et son départ datoitd’un événement qui devoit désespérer les guer-riers, l’entrée des étrangers dans la capitalede la France . Mais, diront encore les accusa-teurs de notre pays, si l’armée est excusable,que penserez-vous des paysans, des habitansdes villes qui ont accueilli Bonaparte? Je feraidans la nation la même distinction que dansl’armée. Les hommes éclairés n’ont pu voirdans Bonaparte qu’un despote; mais, par unconcours de circonstances bien funestes , on aprésenté ce despote au peuple comme le défen-seur de ses droits. Tous les biens acquis par larévolution, auxquels la France ne renoncera ja-mais volontairement, étoient menacés par lescontinuelles imprudences du parti qui veut re-faire la conquête des François, comme s’ilsétoient encore des Gaulois ; et la partie de lanation qui Craignoit le plus le retour de l’ancienrégime , a cru voir dans Bonaparte un moyende s’en préserver. La plus fatale combinaison