Band 
Tome troisième.
Seite
143
JPEG-Download
 

I

SUR LA RÉVOLUTION FRANÇOISE. 143comment Bonaparte auroit-il supporte' la consti-tution qu’011 lui faisoit proclamer? Lorsque desministres responsables se seraient refusés à saVolonté', qu’en auroit-il fait ? Et si ces mêmesministres avoient été sévèrement accusés parlesdéputés pour lui avoir obéi, comment auroit-il contenu le mouvement involontaire de samain, pour faire signe à ses grenadiers d’al-ler une seconde fois chasser à coups debaïonnettes les représentans d’une autre puis-sance que la sienne ?

Quoi ! cet homme aurait lu tous les matinsdans les journaux des insinuations sur ses dé-fauts , sur ses erreurs ! Des plaisanteries se se-roient approchées de sa pâte impériale, et iln’aurait pas frappé ! Aussi l’a-t-on vu souventprêt à rentrer dans son véritable caractère -, et,puisque tel étoit ce caractère, il ne pouvoittrouver de force qu’en le montrant. Le jacobi-nisme militaire, l’un des plus grands fléaux dumonde, s’il étoit encore possible, étoit l’uniqueressource de Bonaparte. Quand il a prononcéles mots de loi et de liberté, l’Europe s’est ras-surée : elle a senti que ce n’étoit plus son an-cien et terrible adversaire.

Une grande faute aussi qu’on a fait commet-tre à Bonaparte, c’est l’établissement d’une