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Tome troisième.
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194 CONSIDÉRATIONS

réputations individuelles, de l’autre il y avoittant de talens, d’instruction et de mérite chezles Anglois, qu’il étoit devenu très-difficile deprimer au milieu de cette foule illustre.

En arrivant en Angleterre, aucun hommeen particulier ne s’offroit à ma pensée : jen’y connoissois presque personne, mais j’yvenois avec confiance. J’étois persécutée par unennemi de la liberté ; je me croyois donc sûred’une honorable pitié, dans un pays dont tou-tes les institutions étoient en harmonie avecmes sentimens politiques. Je comptois beau-coup aussi sur le souvenir de mon père pourme protéger, et je ne me suis pas trompée.Lies vagues de la mer du Nord , que jetraversois en venant de Suède , m’inspiroientencore de l’effroi , lorsque j’aperçus de loinl’ile verdoyante qui seule avoit résisté à l’as-servissement de l’Europe . Il n’y avoit là cepen-dant que douze millions d’hommes ; car lescinq ou six millions de plus qui composent lapopulation de l’Irlande ont souvent été livrés,pendant le cours de la dernière guerre , à desdivisions intestines. Ceux qui ne veulent pasreconnoître l’ascendant de la liberté dans lapuissance de l’Angleterre , ne cessent de répé-ter que les Anglois auroient été vaincus par