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Tome troisième.
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202 CONSIDÉRATIONS

dets des plus grands seigneurs entrent sanshésiter, quand les circonstances les y appel-lent. La même famille tient souvent à despairs d’une part, et de l’autre aux plus simplesmarchands de telle ou telle ville de province.Cet ordre politique encourage toutes les fa-cultés de chacun, parce qu’il n’y a point debornes aux avantages que la richesse et le talentpeuvent valoir , et qu’aucune exclusion n’in-terdit ni les alliances, ni les emplois, ni lasociété, ni les titres, au dernier des citoyensanglois, s’il est digne d’être le premier.

Mais , dira-t-on , en France , même sousl’ancien régime, on a nommé des individussans naissance aux plus grandes places. Oui ,on s’est servi d’eux quelquefois , quand ilsétoient utiles à l’état; mais dans aucun cas onne pouvoit faire d’un bourgeois l’égal d’un gen-tilhomme. Comment donner des décorationsde premier ordre à un homme de talent sansnaissance, puisqu’il falloit des preuves généa-logiques pour avoir le droit de les porter?A-t-on vu faire un duc et pair de ce qu’onauroit appelé un parvenu? Et ce mot de par-venu à lui seul n’étoit-il pas une offense ? Lesmembres des parlemens françois eux-mêmes,nous l’avons déjà dit, n’ont jamais pu se faire