SUR LA RÉVOLUTION FRANÇOISE. 201que les ministres ne peuvent pas empiéter surles autorités locales.
La sécurité politique, sans laquelle il 11 e peuty avoir ni crédit ni capitaux accumulés, ne suffitpas encore pour développer toutes les ressourcesd’une nation : il faut que l’émulation artime leshommes au travail, tandis que les lois leur enassurent le fruit. 11 faut que le commerce etl’industrie soient honorés, non par des récom-penses données à tel ou tel individu, ce quisuppose deux classes dans un pays, dont l’unese croit le droit de payer l’autre ; mais par unordre de choses qui permette à chaque hommede s’élever au plus haut rang s’il le mérite.Hume dit que le commerce a encore plus besoinde dignité que de liberté. En effet, l’absurdepréjugé qui interdisoit aux nobles de France d’entrer dans le commerce, nuisoit plus quetous les autres abus de l’ancien régime au pro-grès des richesses françoises. II y a des pairiesen Angleterre accordées nouvellement à desnégocians de première classe : une fois pairs ,ils ne l’estent pas dans le commerce, parcequ’ils sont censés devoir servir autrement la pa-trie ; mais ce sont leurs fonctions de magistrats,et non des préjugés de caste qui les éloignentde l’état de négociant, dans lequel les fils ca-