SUR LA RÉVOLUTION FRANÇOISE. 229roient, et,à quoi sert-il de discuter, si personnene peut voter d’après sa conviction ? Il n’en estpoint ainsi : ce qu’on appelle fidélité de parti,c’est de ne point isoler ses intérêts personnelsde ceux de ses amis politiques, et de ne pastraiter séparément avec les hommes en pouvoir.Mais il arrive souvent que les circonstances oules argumens influent sur la masse de l’assem-blée , et que les neutres qui sont en assez grandnombre, c’est-à-dire ceux qui ne jouent pasun rôle actif dans la politique, font changer lamajorité. Il est dans la nature du gouvernementanglois , que les ministres ne puissent se main-tenir sans avoir cette majorité pour eux ; maisnéanmoins M. Pitt, bien qu’il l’eût momenta-nément perdue à l’époque de la première ma-ladie du roi, put rester en place, parce quel’opinion publique qui lui étoit favorable, luipermit de casser le parlement, et de recourirà une nouvelle élection. Enfin, l’opinion règneen Angleterre ; et c’est là ce qui constitue la li-berté d’un état. Les amis jaloux de cette libertédésirent la réforme parlementaire, et préten-dent qu’on ne peut croire à l’existence d’ungouvernement représentatif, tant que les élec-tions seront combinées de manière à mettre lechoix d’un grand nombre de députés dans la
Schliessen