SUR LA RÉVOLUTION FRANÇOISE. 2 35ports politiques entre les ,bourgeois et leshommes du premier rang. Les choix des courssont presque toujours influencés par les motifsles plus étroits : le grand jour des électionspopulaires ne sauroit être soutenu que par desindividus remarquables de quelque manière. Lemérite finira toujours par triompher, dans lespays où le public est appelé à le désigner.
Ce qui caractérise particulièrement l’Angle-terre , c’est le mélange de l’esprit chevaleresqueavec l’enthousiasme de la liberté, les deux plusnobles sentimens dont le cœur humain soit ca-pable. Les circonstances ont amené cet heu-reux résultat, et l’on doit convenir que desinstitutions nouvelles ne sufliroient pas pourle produire : le souvenir du passé est néces-saire pour consacrer les rangs aristocratiques ;car, s’ils étoient tous de la création du pouvoir,ils auroient une partie des ineonvéniens qu’ona éprouvés en France sous Bonaparte. Mais quefaire dans un pays où la noblesse seroit ennemiede toute liberté ? Le tiers état ne pourroit for-mer aucune union avec elle ; et, comme il est leplus fort, il la menaceroit sans cesse, jusqu’àce qu’elle se fût soumise aux progrès de laraison.
L’aristocratie angloise est plus mélangée que