SUR LA RÉVOLUTION FRANÇOISE. 241vivant ; mais les transports du peuple angloiséchappoient de toutes parts. Les acclamationsde la foule retentissoient dans la salle du par-lement , avant qu’il y entrât ; lorsqu’il parut,tous les députés se levèrent par un mouvementspontané, sans qu’aucune étiquette le leur com-mandât. L’émotion inspiroit à ces hommes sifiers les hommages qu’on dicte ailleurs. Rienn’étoit plus simple que l’accueil qu’on fit à lordWellington : il n’y avoit ni gardes, ni pompemilitaire, pour faire honneur au plus grandgénéral d’un siècle où Bonaparte a vécu ; maisla voix du peuple célébrait cette journée , etrien de semblable n’a pu se voir en aucun autrepays de la terre,
Ah ! quelle enivrante jouissance que celle dela popularité ! Je sais tout ce qu’on peut diresur l’inconstance et le caprice même des faveurspiopulaires ; mais ces reproches s’appliquent plu-tôt aux républiques anciennes, où les formesdémocratiques des gouvernemens amenoienttoutes les vicissitudes les plus rapides. Dans unpays gouverné comme l’Angleterre, et de pluséclairé par le flambeau sans lequel tout est té-nèbres , la liberté de la presse , les choses et leshommes sont jugés avec beaucoup d’équité. Lavérité est mise sous les yeux de tous, tandis queTome m. 16..