a54 CONSIDÉRATIONS
membres de l’administration, éclairés par l’o-pinion et par leur propre fierté, sont d’une in-tégrité parfaite. Les ministres ne peuvent fa-voriser leurs partisans, que si ces partisans sontpourtant assez distingués pour ne pas provo-quer le mécontentement du parlement. Il nesuffit pas de la faveur du maître pour rester enplace, il faut aussi l’estime des représentans dela nation ; et celle-là ne peut s’obtenir que pardes talens véritables. Des ministres nomméspar les intrigues de cour, tels qu’on en a vusans cesse en France , ne se soutiendroient pasvingt-quatre heures dans la chambre des com-munes . On auroit toisé leur médiocrité dansun instant ; on ne les verroit pas là tout pou-drés , tout costumés, comme les ministres del’ancien régime ou de la cour de Bonaparte,ils ne seraient point entourés de courtisans,faisant auprès d’eux le métier qu’ils font eux-mêmes auprès du prince, et s’extasiant à l’envisur la justesse de leurs idées communes, et surla profondeur de leurs conceptions fausses. Unministre anglois arrive seul dans l’une ou l’autrechambre, sans costume, sans marque distinc-tive ; aucun genre de charlatanisme ne vient àson aide ; tout le monde l’interroge et le juge ;