SUR LA RÉVOLUTION FRANÇOISE. a55mais aussi tout le monde le respecte, s’il le mé-rite , parce que, ne pouvant se faire passer quepour ce qu’il est, on le considère surtout àcause de sa valeur personnelle.
k On ne fait pas la cour aux princes en An-gleterre comme en France , dira-t-on ; mais ony cherche La popularité , ce qui n’altère pasmoins la vérité du caractère. » Dans un paysbien organisé tel que l’Angleterre, désirer lapopularité , c’est vouloir la juste récompensede tout ce qui est bon et noble en soi-même.11 a existé de tout temps des hommes qui ontété vertueux, malgré les inconvéniens ou lespérils auxquels ils s’exposoient par là ; mais,quand les institutions sociales sont combinéesde manière que les intérêts particuliers et lesvertus publiques soient d’accord, il ne s’en-suit pas que ces vertus n’aient d’autre baseque l’intérêt personnel. Seulement elles sontplus répandues, parce qu’elles sont avantageu-ses , aussi-bien qu’honorables.
La science de la liberté , si l’on peut s’ex-primer ainsi, au point où elle est cultivée enAngleterre, suppose à elle seule un très-hautdegré de lumières.. Rien n’est plus simple,quand une fois vous avez, adopté les principesnaturels sur lesquels cette doctrine repose; mais