2 9 4 CONSIDÉRATIONS
nies, et particulièrement aux Indes , ne doit pasêtre rendue responsable des actes d’autoritédont on peut avoir à se plaindre. L’armée deligne obéit passivement dans les pays considé-rés comme sujets, et qui ne sont point protégéspar la constitution. Mais dans les colonies,comme ailleurs , on ne peut accuser les offi-ciers anglois de déprédations ; ce sont les em-ployés civils auxquels on a reproché de s’enri-chir par des moyens illicites. En effet, leur con-duite dans les premières années de la conquêtede l’Inde mérite la censure la plus grave, et offreune preuve de plus de ce qu’on ne sauroit troprépéter : c’est que tout homme chargé de com-mander aux autres, s’il n’est pas soumis lui-même à la loi, n’obéit qu’à ses passions. Maisdepuis le procès de M. Hastings, tous les re- !gards de la nation angloise s’étant tournés versles abus affreux qu’on avoit tolérés jusqu’alorsdans l’Inde , l’esprit public a obligé le gouver-nement à s’en occuper. Lord Cornwallis a portéses vertus, et lord Wellesley ses lumières, dansun pays nécessairement malheureux, puisqu’ilest soumis à une domination étrangère. Maisces deux gouverneurs ont fait un bien qui se senttous les jours davantage. Il n’existoit point auxIndes de tribunaux où l’on pût appeler des in jus-