Band 
Tome troisième.
Seite
297
JPEG-Download
 

SUR LA RÉVOLUTION FRANÇOISE. 297toujours au-dessus des circonstances extérieures.

On a dit sur le continent que la traite desNègres avoit été' supprimée en Angleterre pardes calculs politiques, afin de ruiner les colo-nies des autres pays par cette abolition. Rienn’est plus faux sous tous les rapports ; le parle-ment anglois, pressé par M. Wilberforce, s’estdébattu vingt ans sur cette question, dans la-quelle l’humanité luttoit contre ce qui sembloitl’intérêt. Les négocians de Livei’pool et des di-vers ports de l’Angleterre , réclamoient avecvéhémence pour le maintien de la traite. Lescolons parloient de cette abolition , comme enFrance aujourd’hui de certaines gens s’expri-ment sur la liberté de la presse et les droits po-litiques. Si l’on en avoit cru les colons, il fal-loit être jacobin pour désirer qu’on n’achetât etne vendît plus des hommes. Des malédictionscontre la philosophie , au nom de la haute sa-gesse qui prétend s’élever au-dessus d’elle , enmaintenant les choses comme elles sont, lorsmême qu elles sont abominables ; des sarcasmess ans nombre sur la philanthropie envers lesAfricains , sur la fraternité avec les Nègres ;enfin, tout l’arsenal de l’intérêt personnel a étée mployé en Angleterre, ainsi qu ailleurs , parcolons, par cette espèce de privilégiés qui,