3o2 CONSIDÉRATIONS
Enfin que dira la postérité de la conduite ré-cente du ministère anglois envers la France ? Jel’avouerai, je ne puis approcher de ce sujet sansqu’un tremblement intérieur me saisisse ; et ce-pendant s’il falloit, je ne craindrai point de ledire, qu’une des deux nations, l’Angleterre oula France , fût anéantie , il vaudroit mieux quecelle qui a cent ans de liberté , cent ans de lu-mières , cent ans de vertus , conservât le dépôtque la Providence lui a confié. Mais cette alter-native cruelle existait - elle ? Et comment unerivalité de tant de siècles n’a-t-elle pas fait augouvernement anglois un devoir de chevale-rie autant que de justice , de ne pas opprimercette France qui, luttant avec l’Angleterre pen-dant tout le cours de leur commune histoire ,aliimoit ses efforts par une jalousie généreuse ?Le parti de l’opposition a été de tout tempsplus libéral et plus instruit sur les affaires ducontinent que le parti ministériel. 11 devoit doncnaturellement être chargé de la paix. D’ailleurs>il était reçu en Angleterre que la paix ne doitpas être signée par les mêmes ministres qui ontdirigé la guerre. On avoit senti que l’irritationcontre les ennemis, qui sert à conduire la guerreavec vigueur, fait abuser de la victoire ; et cetféfaçon de voir est aussi juste que favorable à J a