3io CONSIDÉRATIONS
la Pologne , les restes déchirés de ce malheureuxpays agitent encore l’Europe , ses débris se ral-lument sans cesse pour lui servir de brandons.Est-ce pour affermir le gouvernement actuelque cent cinquante mille soldats occupent notreterritoire ? Le gouvernement a des moyensplus efficaces de se maintenir ; car, destinépourtant un jour à ne s’appuyer que sur desFrançois, les troupes étrangères qui restent enFrance , les contributions exorbitantes qu’ellesexigent, excitent chaque jour un mécontente-ment vague dont on ne fait pas toujours le par-tage avec justice. ^
J’accorde cependant volontiers que l’Angle-terre , ainsi que l’Europe , devoit désirer le re-tour des anciens souverains de la France ; etque, surtout, la haute sagesse qu’avoit montréele roi dans la première année de sa restaura-tion , imposoit le devoir de réparer envers luile cruel retour de Bonaparte. Mais les ministresanglois qui, mieux que tous les autres , con-noissent, par l’histoire de leur pays, les effetsd’une longue révolution sur les esprits, ne de-voient-ils pas maintenir en France avec autantde soin les garanties constitutionnelles que l’an-cienne dynastie ? Puisqu’ils ramenoient la fa-mille royale, ne dévoient-ils pas veiller à ce