SUR LA RÉVOLUTION FRANÇOISE. 3i 9
CHAPITRE VIII.
Les Anglois ne perdront - ils pas un jour leurliberté ?
Beaucoup de personnes éclairées, qui saventà quel degré s'élèverait la prospérité de la na-tion françoise, si les institutions politiques del’Angleterre étoient établies chez elle, se per-suadent que les Anglois en sont jaloux d’a-Vance, et s’opposent de toüs leurs moyens à ceque leurs rivaux puissent jouir de cette libertédont ils commissent les avantages. En véritéje ne crois point à ce sentiment, du moins dela part de la nation. Elle est assez fière pour êtreconvaincue , et avec raison , que pendant long-temps encore elle marchera en avant de toutesles autresj et, quand la France l’atteindrait etla surpasserait même sous quelques rapports,elle conserverait toujours des moyens exclusifsde puissance particuliers à sa situation. Quantau ministère, celui qui le dirige, le secrétaired’état des affaires étrangères, semble avoir,comme je l’ai dit, et comme il l’a prouvé, untel mépris pour la liberté, que je crois vrai-