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Tome troisième.
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346 CONSIDÉRATIONS

sagesse; mais est-ce sur un hasard qu’il fautfonder le sort des nations? Je citerai à cette oc-casion un mot de l’empereur Alexandre, qui |me paroît digne d’être consacré. J’eus l'honneurde le voir à Pétersbourg dans le moment leplus remarquable de sa vie, lorsque les Françoiss’avançoient sur Moscow , et qu’en refusant lapaix que Napoléon lui offrit dès qu’il se crutvainqueur, Alexandre triomphoit de son enne-mi plus habilement que ne l’ont fait depuis sesgénéraux. « Vous n’ignorez pas, me dit Tempe-» reur de Russie , que les paysans russes sont es-» claves. Je fais ce que je peux pour améliorer» leur sort graduellement dans mes domaines ;

» mais je rencontre ailleurs des obstacles que le» repos de l’empire m’ordonne de ménager. »— « Sire, lui répondis-je, je sais que la Russie » est maintenant heureuse, quoiqu’elle n’ait» d’autre constitution que le caractère person-» nel de Votre Majesté. » — « Quand le corn-» pliment que vous me faites auroit de la vé-» rité, répondit l’empereur, je ne serois jamais» qu’un accident heureux. » Je crois difficileque de plus belles paroles soient prononcéespar un monarque dont la situation pourroitTaveugler sur Je sort des hommes. Non-seule-ment le pouvoir arbitraire livre les nations aux