CHÀP. V. - DERNIÈRES CONVOCATIONS. yi
fondre l’opinion, que les libertés publiques, l’a-mour national perdirent ce feu, cette effervescencequi avaient si long-temps transporté toutes les classesà l’approche de l’ennemi, soulevé tous les âges, etarmé tous les sexes, à l’idée d’une invasion étrangère.
La France laissa négliger, abattre ou avilir lagarde nationale; la France fut à la merci du pou-voir, de ses écarts et de ses destinées.
On parle en vain de despotisme et de tyrannie,de liberté et d’indépendance, d’usurpation et delégitimité, quand la masse des citoyens n’a ni centreni ralliement.
Il faut qu’une nation fasse corps avec son Gou-vernement et sa force-armée; que sa constitutioncivique soit le gage de toutes les sûretés, pour qu’ily ait une ame et une existence sociales.
La garde bourgeoise et municipale était cetteexistence et cette ame ; avec elle , s’est perdu lesentiment du patriotisme.
Dès qu’on laisse faire à une institution organique,des mutilations ou des violences; on n’éprouve quedes étoufl'emens et des angoisses, jusqu’à l’agonie.
C’est quand le principe même de la vie d’unpeuple est compromis, suspendu et prêt à cesserpar surprise ou par force, qu’il faut s’armer et com-battre pour respirer libre, ou mourir!
Qu’on arrête , un instant, sa pensée sur le ta-bleau qui présente ici les masses de l'organisation