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Presque partout aussi, les châteaux forts et lescitadelles étaient devenus des retraites forcées, oùla faveur et les disgrâces, les courtisans et les mai-tresses faisaient passer, tour à tour, leurs fâcheux,leurs rivaux et leurs victimes.
Un préjugé fatal , dès le commencement de laRévolution, s’attacha donc à l’aspect des bastionset des créneaux ; on réclama, de tous côtés, l’ouver-ture des villes, la démolition des vieilles tours, lasuppression des travaux et des dépenses, la libertédes consignes, la franchise des portes : enfin, l’onne voulait plus être gêné en rien, ni pour là vue, nipour son plaisir, jusque sur l’extrême frontière.La prise de la Bastille avait été le signal d’un dé-mantèlement presque* général.
L’Assemblée nationale, avant de répondre àtontes les réclamations dont retentissait le Royaume,exigea, de son comité militaire, un état des places,citadelles, forts, châteaux et postes fortifiés quiexistaient sur le territoire, et voulut prendre sonopinion sur leur utilité actuelle ou probable.
Alors, on ne pensait pas encore à la guerre exté-rieure ; il n’y avait d’ennemis qu’au dedans, dedéfiance qu’envers la cour, et de danger que de lapart de l'arisftocratie^ : lé Roi déjà cessait lui-mêmed’être en grande considération, et la couronne per-dait son crédit.
L’initiative que l’Assemblée nationale fit prendreà son Comité, fut sans opposition; il lui présenta