CHAT. IV. - DÉPLACEMENS DE ÏUOÜTIÈIIES. 3c)I
Mais de cette époque aussi, la grande place d’armesde l’Escaut ne cessa plus d’être l’objet des travauxles plus prodigieux : l’Empereur voulut même, àplusieurs reprises, s’assurer, par sa présence, deleurs progrès et de leur situation.
C’est dans un de ces voyages qu’accompagné duministre de la marine, il fît faire, sous sçs yeux, denouvelles sondes, dresser de nouveaux plans etrassembler, sur une carte immense, tous les pointsen discussion pour les passes, les attérissemens etles bas fonds.
Un jour qu’il avait réuni, pour cette discus-sion, tous les ingénieurs et les généraux de terre etde mer pre'sens dans la place, il se fatiguait, depuisune heure, à déplier sa grande carte sur une tabletrop petite ; à l’y fixer d’une main, et à l’y retenirde l’autre : quand tout-à-coup, impatienté de sapeine, il l’étend sur le tapis du salon, se met à genoudessus, s’alonge et se retourne, en tous sens, pouren suivre les sinuosités et les détails.
Le ministre de la marine était debout respectueu-sement , et tout le conseil ; mais chaque fois qu’in-terrogée nominativement, Sou Excellence faisaitquelques objections, Napoléon se relevait toujourspour les entendre : lassé de cette nouvelle contrainte,il saisit enfin le ministre par le bras, le force de secoucher aussi sur le plan, et de l’écouter sur place.
Il y avait déjà long-temps que l’un et l’autre s’ani-maient, dans cette position, pour soutenir leurs