CUAr. l". - COMPARAISONS DE MOYENS. 487
successivement, la vanité et les beaux services,l’ambition personnelle et les grandes renommées sedisputer les premiers rangs, se partager les grâces,s’envier les titres et les faveurs :
Il y eut du moins, au milieu de ces altérationscompliquées, un principe constant et immuablepour la masse entière de la force nationale sous saforme habituelle d’armée, et dans sa constitutiongénérale : c’est la soumission aux lois, et la sûretéde l’État.
Quels qu’aient été les pouvoirs publics h toutesles périodes de la Révolution, cette population deguerriers qui combattaient pour la France , semontra par ses sentimens, par son esprit et soncourage, toujours indépendante des combinaisonsfortuites de l’autorité, et toujours supérieure auxépreuves de la bonne ou mauvaise fortune : ellefut peut-être, au milieu des boulevcrsemens po-litiques, la seule confiante et résignée, la seule per-sévérante et infatigable dans ses travaux, la seuleintraitable pour les passions et les haines.
Lorsque chaque gouvernement eut ses détrac-teurs et ses ennemis, ses,complaisaris et ses mer-cenaires, ses élévations et ses chutes ; les drapeauxne subirent jamais de ces nuances honteuses et dé-gradées : on servit toujours par honneur, on obéittoujours par devoir; et chacun attendit ses ordres,ses pouvoirs et ses grades de la puissance recon-nue légale : c’était alors la seule légitime.