chap. rv. — époq. des grands pouv. exécut. 5o3
Mais la situation des forces numériques n’étaitencore, dans son affaiblissement, qu’un mal secon-daire pour les temps ; il faut s’arrêter à des penséesde désorganisations bien plus désastreuses ; c’estque le patriotisme, la confiance, la religion descitoyens et des soldats, cessèrent, sous le Directoireexécutif, d’avoir leur élan, leurs inspirations etleurs de'vouemens héroïques. Il glaça, par sa tié-deur, l’effervescence nationale ; il comprima, parses inquiétudes, l’énergie des âmes; il fit et refitdes armées, sema le trouble , traîna les opérations ,suspendit les événemens, et ne joua avec la victoire,que pour la méconnaître, s’en défier ou ternir scslauriers : une mort subite put seule l’enlever h lahonte des capitulations.
Eu effet, encore quelques mois, et ce pouvoir, quiaffecta d’être, par sa politique et ses combinaisons,plus fort, plus habile que la Convention, signaitpeut-être, vingt ans plus tôt, le déshonneur de laFrance , le licenciement de ses armées et la mise àdiscrétion de toutes nos destinées.
Si, dès-lors, la patrie échappa, par miracle , aumalheur d’üue occupation étrangère; il n’en fautencore attribuer le prodige qu’à l’esprit public etaux retours des vertus nationales.
Le premier consul, à son avènement, n’çutqu’une pensée, et elle fut la plus haule inspirationde grandeur. Il s’adressa à l’amour-propre d’unpeuple magnanime; il lui promit des expiations et