5o4 CINQUIÈME SECTION.
des victoires : le mouvement des armes redevintgénéral, spontané et enthousiaste ; tout sc trouvaréparé, les fautes et les pertes; tout reprit son cours,la vaillance et les hauts faits, les espérances et lesvœux; tout s’accomplit, la déroute des ennemis,leur confusion et notre triomphe.
Mais à peine l’état militaire eut-il consommétant de choses mémorables, qu’une fatale présomp-tion dont le pouvoir, quel qu’il soit, semble siditïïcileflïént se défendre , se saisit du guerrier leplus heureux, et ; triompha du vainqueur national.
C’est alors qu’on Oublia, bientôt, au milieu destrophées 1 ,' le principe d’un retour de fortune si dé-sespéré; que les combinaisons de la science écar-tèrent les souvenirs de l’esprit public, que la con-fiance du talent repoussa les moyens du patriotisme,et que le mérite dédaigna la popularité.
On avait des armées invincibles, des bataillonsnombreux ; rien désormais ne pouvait subir dechances et de hasards ; la victoire elle-même devaitobéir et rester enchaînée.
Le consulat délaissa donc aussi, dans scs res-sources de forces publiques, les gardes nationaleset leur organisation; mais, plus prévoyant et plusmilitaire que le Directoire , il redoubla ses cadresde troupes réglées, concentra ses réserves mobiles,et les porta presque aux proportions même de laConvention.