CHAPITRE I.
2 7
cette mesure eût été illusoire, si les Anglais avaient conservé un accès libre dans les portsde la Baltique appartenants à la Suède . Cettedernière puissance fut donc sommée de renon-cer à l’alliance de l’Angleterre , et d’adhérerau système continental. Gustave IY ayant refuséd’obtempérer aux demandes de la Russie , l’em-pereur Alexandre lui déclara la guerre et fitenvahir la Finlande .
L’empereur Napoléon se trouvait alors engagédans une entreprise dont il n’avait pas assez cal-culé les difficultés, et qui devint pour lui unesource inépuisable de calamités. Depuis la paixde Bâle, l’Espagne , gouvernée par un ministreaussi insolent qu’inepte, suivait aveuglément lesimpulsions de la France. Napoléon n’avait jamaistrouvé en elle qu’un allié soumis et dévoué. Maisle prince de la Paix, lui-même, commençait déjàà sentir le poids du joug qui pesait sur l’Es-pagne , et dans son cœur il avait pris la réso-lution de s’en affranchir à la première occasionfavorable (1). Il crut que la rupture de la Prusseavec la France lui présentait cette occasion. Les