Band 
Tome premier.
Seite
26
JPEG-Download
 

CAMPAGNE DE l8l2.

26

politique vulgaire essaierait de justifier, maisque réprouveront toujours l’équité et la morale,seules bases d’une politique saine et vraimentutile.

Le cabinet de Saint-James prévoyait avec in-quiétude que Napoléon, habitué à ne respecterles traités qu’autant qu’ils lui convenaient, ne seferait aucun scrupule d’envahir le Danemarck,afin de se saisir de sa marine. Il résolut de dé-tourner ce coup en s’emparant lui-même desvaisseaux danois. Soudain une formidable flotteanglaise, portant plus de 3o mille hommes de dé-barquement , se présente devant Copenhague etsomme les Danois de lui remettre en dépôt leursforces navales, jusqu’à la conclusion de la paixmaritime. Le ministère rejeta d’abord avec in-dignation cette singulière proposition ; mais unbombardement cruel ayant réduit en cendres laplus grande partie de la capitale, le général quiy commandait se vit obligé de capituler et delivrer la flotte, qui fut conduite en Angleterre.

Le Danemarck était une puissance amie de laRussie . L’empereur Alexandre ne pouvait, parconséquent, voir d’un œil indifférent le bom-bardement de Copenhague ; il se détermina doncà ne plus différer de rompre avec l’Angleterre,et de fermer ses ports à son commerce. Mais